Alors que le travail devient de plus en plus nomade et que la frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle porte des enjeux toujours plus importants, notre rapport aux mails pose question.  Sommes-nous accro ? Quelles alternatives existe-t-il pour limiter les emails professionnels ? Comment les utiliser plus intelligemment ? Eléments de réponse…

Emails professionnels : gare à l’overdose !

Les chiffres concernant l’email ont de quoi donner le tournis. En France, 1,4 milliards de messages seraient échangés chaque jour. D’après une étude menée par Adobe auprès de plus de 3000 personnes, les travailleurs passeraient 3h20 par jour à vérifier et traiter leurs mails professionnels. Si ce chiffre semble impressionnant, il est malgré tout baisse par rapport à 2016, ou le temps consacré à sa boite de réception était de plus de quatre heures.

63% des répondants à l’enquête déclarent consulter leurs mails entre leur réveil et leur petit déjeuner : pour le droit à la déconnexion, on repassera !

Désormais, plus de la moitié des mails pro sont consultés sur mobile.

Pire, plus de la moitié des sondés avouent vérifier leur boite de réception lorsqu’ils sont en congés. Il faut dire que l’email reste le moyen de communication le plus largement utilisé en entreprise. Il est en effet plébiscité par 80% des professionnels, même si les plus jeunes semblent s’en désintéresser.  Et pour cause : ils sont de plus en plus nombreux à vouloir s’en affranchir et à vouloir trouver des alternatives aux boites de réception surchargées.

L’email professionnel va-t-il mourir ?

Qu’il y a-t-il de plus décourageant que de voir les mails non lus s’accumuler ? Qu’il y a-t-il de plus agaçant que de recevoir des messages qui ne nous concernent pas, ou qui n’ont que très peu de valeur ajoutée ? Les mails sont une source majeure de stress au travail. Pas étonnant que certaines entreprises s’en désintéressent.

Jade Le Maître, fondatrice et CTO de Hease Robotics confie : « Les mails ne sont pas ce que je privilégie, mais je ne peux pas faire autrement, c’est ce que mes interlocuteurs utilisent. » Pour elle le premier problème des mails professionnels, c’est la volumétrie.

Du coup, avec son équipe elle a mis en place des solutions.

On a déjà scindé en deux notre volumétrie en passant sur un outil de type Slack pour les échanges internes. Quand il y a échange de document, on passe néanmoins par le mail pour des questions d’archives. Pour les échanges externes, on reste sur les emails parce que c’est ce qui et le plus répandu. Mais à partir du moment ou plusieurs interlocuteurs sont mentionnés dans un message, apparaît un effet boule de neige (tout le monde veut répondre à tout le monde) qui devient insupportable. Du coup, notre parade est très 1.0 : quand les emails autour d’une même discussion s’accumulent, on décroche le téléphone. Une conversation de 5 minutes au téléphone vaut 10 échanges de mails. Rien ne vaut le ping-pong en temps réel

Jade Le Maître

Fondatrice et CTO , Hease Robotics

Malgré tout, l’email n’est pas prêt de disparaître.

Pour Emilie Fléchaire, fondatrice de l’agence Néroli, une agence de relations presse, il reste un outil indispensable

Même si je trouve qu’on en reçoit beaucoup trop, je n’arrive pas à couper de mes mails. Le weekend, je les regarde sans les lire, sauf s’il s’agit de bonnes nouvelles. Cependant, je préfère encore largement quand mes clients m’envoient des emails plutôt que des sms ou des messages Facebook. Je déteste le multicanal, ça rend la concentration très difficile.

Emilie Fléchaire

Fondatrice , Néroli

Ainsi, si les pratiques évoluent dans certains secteurs d’activité, il semble que les emails ne vont tirer leur révérence tout de suite.

A défaut de faire sans, si on apprenait à les apprivoiser pour mieux les gérer ?

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