Estimer que l’on n’est pas si bon dans ce que l’on fait, qu’en réalité, nos succès sont liés à la chance et que l’on ne mérite pas sa place : vous vous reconnaissez dans ces affirmations ? Vous souffrez sans doute du syndrome de l’imposteur. Un mal qui touche plus de monde qu’on ne le croit : 70% des personnes déclarent en avoir déjà fait l’expérience. Ce fardeau touche même les plus puissants et les plus talentueux d’entre nous. Définition.

 

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Ce syndrome, étudié pour la première fois par les docteurs Pauline Rose Clance et Suzanne Imes en 1885, apparaît chez des personnes qui rejettent le mérite lié à leurs réussites, les attribuant plutôt à des facteurs extérieurs comme leurs relations, des circonstances exceptionnelles, ou encore la chance. Le terme a depuis été revisité en « expérience de l’imposture » pour en ôter la dimension pathologique.

Les personnes concernées ont ainsi l’impression de tromper leur monde en cachant, d’après eux, leur incompétence. Plus que du simple perfectionnisme, c’est une véritable torsion de la réalité qui nous pousse à croire que l’on s’est retrouvé à notre place un peu par hasard et qu’un jour, notre imposture sera révélée au monde entier.

 

Un défaut d’estime de soi

Le syndrome de l’imposteur se traduit par un sentiment récurrent d’anxiété face à des attentes perçues comme trop grandes pour nos compétences limitées. En résulte une pression constante, doublée d’une incapacité à accepter tout compliment ou remarque positive. Ce qui peut alors être interprété comme de la fausse modestie révèle en réalité un important manque de confiance en soi, de la part de personnes qui pensent que leurs réussites ne sont pas méritées. Bien entendu, ce sentiment est erroné : on a tendance à « oublier » notre propre valeur et à nous concentrer sur nos lacunes.

Cette dévalorisation constante se solde soit par un surinvestissement dans le travail, soit au contraire par une stratégie d’auto-handicap, qui consiste à bloquer ses propres performances pour mieux justifier un échec éventuel. Ce syndrome risque également de freiner vos aspirations si vous projetez de changer de vie, en vous faisant croire que vous n’en êtes pas capable et qu’il vaut mieux rester dans votre zone de confort.

 

Un sentiment que connaissent aussi les dirigeants

Alors que l’on peut croire que ce complexe d’infériorité ne concerne que des freelances venant de démarrer ou des salariés en bas de l’échelle, il s’avère que même des dirigeants de groupes mondiaux multipliant les succès professionnels peuvent être en proie au syndrome de l’imposteur. A l’exemple de Sheryl Sandberg, auparavant vice-présidente des ventes chez Google avant d’intégrer Facebook en tant que directrice des opérations.

Mais alors, si personne n’est à l’abri de ce sentiment destructeur, comment le mettre en veille pour regagner en assurance et cheminer vers la réussite ?

Est-il possible de faire taire cette petite voix qui vous répète sans cesse, parfois inconsciemment, que vous n’êtes qu’un(e) incapable qui ne mérite pas de réussir ?

 

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