Alors que le mécénat classique permet à une entreprise d’apporter une aide financière à une organisation d’intérêt général, la plupart du temps une association, le mécénat de compétences consiste à lui proposer une mise à disposition d’un collaborateur. Celui-ci peut alors apporter son aide à l’organisme avec des actions en rapport ou non avec ses compétences.
D’après le Guide du Mécénat publié par le Ministère des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, 11 % des entreprises mécènes pratiquent aujourd’hui le mécénat de compétences. Ce guide très complet apporte toutes les informations juridiques nécessaires à la mise en place de ce type de collaboration.

Les avantages du mécénat de compétences sont nombreux, tant pour la structure qui en bénéficie que pour l’entreprise. Cette dernière peut obtenir un avantage fiscal mais aussi utiliser cet outil pour apporter des solutions à de nombreux sujets RH tels que le bien être, la motivation et l’implication au travail des équipes, la cohésion interne, l’évolution des savoir-faire, etc. Pour le collaborateur, les bienfaits ne manquent pas, comme en témoigne Philippe, contrôleur de gestion chez Orange, qui a choisi le mécénat de compétences à plusieurs reprises durant sa carrière.

Interview de Philippe, adepte du mécénat de compétences

Philippe, pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre poste actuel au sein de votre entreprise ?

Ingénieur de formation, je suis contrôleur de gestion chez Orange après y avoir exercé différents métiers : maîtrise d’ouvrage sur certains produits de l’entreprise, développement d’affaires à l’international (notamment en Asie), marketing et enfin mise en œuvre d’outils financiers.

Comment êtes-vous arrivé à faire du mécénat de compétences ? Est-ce de votre initiative ou de celle de votre entreprise ?

Le mécénat de compétences consiste à mettre à disposition gracieusement les compétences de collaborateurs durant leur temps de travail. Orange propose une formule pour des salariés répondant à certains critères (notamment ceux ayant de l’ancienneté et donc étant plutôt en fin de carrière). Ils peuvent soit travailler à temps partiel sur leur dernier poste exercé à Orange, soit mettre en œuvre leurs compétences (voire d’autres le cas échéant) dans le monde associatif. Il s’agit dans tous les cas d’une démarche à l’initiative du salarié.

Quelles sont les démarches pour faire du mécénat de compétences ?

Tout d’abord, l’association doit être un organisme d’intérêt général qui respecte quatre critères :
· il ne profite pas à un cercle restreint de personnes,
· il a une gestion désintéressée,
· il ne réalise pas d’opérations lucratives,
· il n’entretient pas de relations privilégiées.
Orange rémunère la personne durant le mécénat et continue d’en assurer la gestion. Dans un premier temps, la personne intéressée contacte une cellule dédiée à l’évolution personnelle des salariés. Ensuite, une fois le projet construit, ce sont les RH qui prennent le relai pour formaliser l’accord. Contractuellement, une convention tripartite est signée par le salarié, l’association et l’entreprise.

A quoi ressemblent vos missions au sein des associations qui vous accueillent ?

J’ai travaillé dans différentes associations sur des problématiques de traitement de bases de données, sur la mise en place de nouveaux logiciels comptables et enfin sur la mise en œuvre de reportings financiers faisant intervenir des outils récents et très performants tels que l’informatique décisionnelle.

Pourquoi avez-vous choisi de faire du mécénat de compétences ?

C’est surtout pour moi une manière de donner davantage de sens au métier que j’exerce. Je sors d’un environnement où je travaille avec des collègues ayant un profil similaire au mien et j’ai la responsabilité d’une partie des gros projets. Dans une association ces mêmes compétences n’existent généralement pas ou sont parfois peu développées. Ainsi, j’ai la possibilité d’être force de proposition pour des projets certes plus modestes mais en étant responsable de la globalité du dossier qui m’est confié.
C’est très valorisant de mettre à profit ses compétences dans le milieu associatif car on mesure concrètement la valeur ajoutée apportée. En fait, nous mettons à disposition des process d’entreprises qui n’auraient sans doute jamais vu le jour autrement au sein de l’association.
Mes compétences professionnelles sont utilisées pour favoriser la transmission, l’échange et le partage. C’est aussi une façon de valoriser ma carrière et mes compétences dans un environnement différent de l’entreprise.

Pour vous, le mécénat de compétences peut-il être un vecteur de bien-être au travail ? Quels avantages voyez-vous dans cette aventure ? Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Dans ce nouveau contexte, je considère le travail comme une source possible d’épanouissement plutôt qu’une source de contraintes potentielles. Cela m’a également apporté une nouvelle vision des rapports avec les collègues. Les possibles problèmes de rivalités au sein de l’entreprise n’ont pas leur place et sont remplacés par des attitudes de collaboration renforcée. Nous ne sommes plus dans l’ambition personnelle mais dans la perspective d’une réussite collective mettant en jeu des objectifs très valorisants. Tout cela m’a apporté une autre vision du monde du travail !

 

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