Le concept du « break professionnel » a le vent en poupe depuis plusieurs années. Envie de voyager, de faire de l’humanitaire, de se reconvertir… Autant de raisons qui motivent les professionnels à s’éloigner de leurs emplois pendant quelques mois.

Cette prise de recul volontaire est souvent ressentie comme une nécessité par le professionnel qui part, et comme une menace par les entreprises. Quels sont réellement les risques pour l’entreprise ? Comment transformer un break professionnel en opportunité ? Comment bien anticiper cette coupure ? Voici nos réponses !

 

Qu’est-ce qu’un « break professionnel » ?

Congé sabbatique, congé solidaire, congé sans solde… Le break professionnel peut prendre différentes formes et durer plus ou moins longtemps. Entre 1 mois et 3 ans, c’est la durée moyenne d’un break professionnel, ou « career break » si l’on reprend l’origine du terme.

L’idée générale d’un break professionnel est de pouvoir prendre du recul sur sa carrière afin de se développer professionnellement et/ou personnellement. C’est un choix réfléchi qui comporte de réels objectifs, il ne s’agit pas de tout plaquer pour partir sur un coup de tête. Ce break est majoritairement utilisé par les professionnels pour voyager et découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux paysages. Il est aussi souvent motivé par l’envie de venir en aide à des populations en difficulté, ou encore par l’envie de changer de vie et de se réorienter professionnellement.

Selon un sondage Azimo de 2017, l’âge idéal pour faire un break professionnel serait entre 25 et 44 ans (selon 42% des 1250 personnes interrogées). Le fait est qu’il est plus simple de partir faire une année sabbatique lorsque l’on a moins de responsabilités parentales et une bonne stabilité financière.

 

Quels sont les réels inconvénients d’un break professionnel pour l’entreprise ?

Le seul véritable risque pour une entreprise qui fait face à une demande de congé sabbatique, est de ne pas voir revenir son salarié. Cependant, le risque de voir partir ce salarié est présent de façon constante, s’il ne demande pas un congé sabbatique, un congé solidaire ou un congé sans solde, il peut aussi bien demander une rupture conventionnelle ou poser sa démission.

Le fait de refuser systématiquement les demandes de congés sabbatiques, et de bloquer ainsi les envies de break professionnel, est plus préjudiciable à l’entreprise que le fait de les accepter. Certes, un salarié qui s’absente pendant un ou plusieurs mois implique une restructuration organisationnelle temporaire, et cela peut-être complexe en fonction des entreprises concernées. Cependant, si la demande de congés est réfléchie et suffisamment anticipée, pourquoi ne pas intégrer le salarié partant au processus de réorganisation pour faciliter la passation de ses tâches.

Dans cette nouvelle ère professionnelle qui voit arriver les millenials de façon massive, l’heure est au changement des mentalités et des comportements. Si vous souhaitez garder vos talents et les fidéliser, l’acceptation du break professionnel peut être une grande plus-value.

Il ne faut plus craindre de voir vos salariés partir, mais bien les encourager à se renouveler eux-mêmes, pour aider l’entreprise à évoluer.

 

Un ingrédient magique pour le bien-être au travail ?

Comme cela a été dit, le fait de favoriser le break professionnel peut aider à la fidélisation des talents dans l’entreprise. Il y a encore peu de structures qui acceptent ou qui encouragent les prises d’initiatives telles que les années sabbatiques, les congés solidaires ou sans soldes. Le fait de se positionner comme étant un employeur à l’écoute des besoins de ses salariés est donc un réel avantage pour votre image, votre marque employeur, mais également pour le bien-être au travail de vos équipes.

Dans les processus de recrutement, le break professionnel doit aussi être intégré et accepté, si vous souhaitez recruter des talents « atypiques ». Plutôt que de voir les années de césures d’un candidat comme un « blanc » dans son parcours professionnel, vous pouvez commencer à le valoriser. Après tout, s’arrêter de travailler pendant quelque temps pour faire de l’humanitaire, découvrir le monde ou perfectionner des compétences, cela n’a rien de dégradant, au contraire, c’est un apport de valeur qui peut être profitable à l’entreprise.

Un break professionnel, s’il est bien cadré, peut permettre à un individu de découvrir des nouvelles compétences, des appétences particulières… Cela aide à ouvrir son esprit et donc à se familiariser avec d’autres angles de vues. Quelle entreprise n’a pas besoin de talents capables d’avoir un critique et objectif sur ses projets ? Des talents en mesure de comprendre les attentes de ses clients ? Des salariés motivés qui se sentent écoutés par leurs employeurs ? C’est tout ce dont une entreprise peut rêver à l’heure où les recrutements sont rythmés par les candidats, et non plus par les recruteurs.

 

Comment bien accompagner un break professionnel ?

Selon les retours de professionnels qui ont effectué un break professionnel, ce qui pèche le plus, c’est la réintégration dans l’entreprise au retour de la césure. Le fait est qu’un dépaysement aussi radical engendre un changement de comportement et d’attitude chez le professionnel qui revient de son « break ». Il n’est plus le même, n’a plus les mêmes attentes ou appétences.

Durant une césure de quelques mois, un individu va développer des aptitudes et gagner en compétences. Aujourd’hui, le reproche est fait aux entreprises de ne pas tenir compte de ces nouvelles aptitudes, de ne pas les intégrer suffisamment. Cela provoque souvent une perte de motivation liée à un besoin de reconnaissance différent, et cela peut conduire à une démission ou un « bore-out ».

Lorsque l’on accepte une demande de congé sabbatique d’un salarié, il est du devoir du responsable RH d’organiser à la fois son départ, son absence et son retour. Il est important de s’assurer, avant le départ, que des objectifs sont bien fixés derrière ce break professionnel. S’intéresser aux motivations du collaborateur, à ses envies et aux perspectives d’évolution à son retour. Lorsque le break se termine, il est important de laisser la place à l’expression du besoin du collaborateur, quelles aptitudes a-t-il développé ? Comment souhaite-t-il faire évoluer son rôle dans l’entreprise ? etc… Autant de questions qui feront la différence pour les salariés et qui leur offriront de meilleures conditions de travail.

Nous espérons que cet article vous aura éclairé sur les tenants et les aboutissants du break professionnel, de façon à ne plus le craindre, mais bien à le transformer en opportunité.

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