L’année 2018 a été riche en innovations sur le plan des ressources humaines. La profession entière se renouvelle pour tendre vers l’épanouissement total des salariés, et c’est une excellente chose. La quête au bien-être en entreprise, la création de nouveaux postes tels que Chief Happiness Officer, le développement de la marque employeur… Que de nouveautés qui ont bercé notre année 2018.

Qu’en est-il du secteur du recrutement ? Quelles sont les méthodes qui ont le mieux fonctionné en 2018 ? Comment va-t-on recruter en 2019 ? Voici les grandes tendances à suivre pour le recrutement 2018 et 2019 !

L’expérience collaborateur, au cœur des préoccupations du recrutement en 2018

En 2017 déjà, mais particulièrement en 2018, la notion d’expérience collaborateur a été introduite dans la profession RH. Objet de toutes les convoitises, l’expérience collaborateur est en réalité la mutation, ou la continuité, d’un concept précédent, à savoir « la marque employeur ».
Considéré par certains comme étant déjà dépassé, le concept de « marque employeur » consiste à soigner l’image de son entreprise, en tant qu’employeur. Les critères d’évaluation sont variés : bien-être des salariés, adaptabilité des planning, confort des lieux de travail etc… Une entreprise soignant sa marque employeur a donc plus de chances de recruter et de fidéliser ses équipes, car il s’agit d’une entreprise qui tient compte du bonheur et de l’épanouissement de ses collaborateurs.

Dérivé logique de ce concept, « l’expérience collaborateur » sert à mesurer la « qualité de vie » d’un collaborateur dans l’entreprise. Cela englobe à la fois, le recrutement, l’intégration, le lieu de travail, les équipements matériels, l’entente dans l’équipe, les rapports hiérarchiques, la liberté d’expression, la reconnaissance au travail etc… C’est une notion plus large et plus complète qui vise à définir si oui, ou non, une entreprise est attractive sur le marché de l’emploi. Elle représente donc un enjeu majeur du recrutement en 2018 et 2019.

L’expérience collaborateur est la nouvelle vitrine d’une entreprise du point de vue du recrutement

Le CV appartient au passé

En observant les pratiques de recrutement 2018 et si on se projette dans les tendances de 2019, une chose est sûre : le CV doit se réinventer. Le concept de mettre ses coordonnées, ses expériences professionnelles et ses formations sur une feuille pour l’envoyer aux recruteurs… ça ne suffit plus. Aujourd’hui (et demain), le recruteur veut pouvoir cerner le candidat le plus rapidement possible. On ne parle plus que de savoir-faire, mais bien de savoir-être, et c’est cela qui va faire toute la différence.

Plus communément appelées les « Soft Skills », les « compétences douces » correspondent au savoir-être du candidat. Ses traits de personnalité, ses hobbies, sa façon de réfléchir etc… L’intelligence émotionnelle, par exemple, est un soft skill particulièrement recherché par les recruteurs, car elle est gage d’une grande capacité d’écoute, de remise en question, et d’empathie, qui sont des qualités précieuses en entreprise. Bien qu’on ne puisse pas encore affirmer à 100% que le CV appartient au passé, ce qui est sûr, c’est qu’il faut apprendre à lire entre les lignes pour réussir à identifier la valeur ajoutée d’un candidat.

La formation professionnelle en réponse à la pénurie de candidats

À l’instar de Hydro Leduc qui a investi 60 000€ dans l’équipement d’un lycée technique avec 6 machines à commandes numériques, la formation peut-être la solution pour recruter efficacement.
Dans certains secteurs d’activité, plus que dans d’autres, il existe une réelle pénurie de « main d’œuvre » et de compétences. Les candidats ne sont pas formés, ou ne peuvent pas gagner en expériences… et cela contribue à la stagnation du chômage. Pour pallier ce phénomène et réussir à recruter des candidats opérationnels et compétents, la formation professionnelle devient donc une bonne solution aux problématiques de recrutement 2018 et 2019.

Mettre en place la méthode du « Care candidat »

La méthode du « Care candidat », ou le fait de prendre soin de ses candidats en période de recrutement, est une tendance majeure à l’horizon 2019. Cette méthode consiste, pour les recruteurs, à se mettre à la place du candidat pour mieux cerner ses attentes et ses besoins. En effet, les candidats n’aiment pas particulièrement rester dans l’attente de réponses, ils n’apprécient pas non plus d’être considéré comme un simple numéro.

Le « care candidat » implique la nécessité de rester bienveillant et à l’écoute des candidats en période de recrutement. Il peut s’agir simplement de les informer régulièrement de l’état d’avancée de leur candidature, de leur envoyer un récapitulatif des entretiens passésetc… Le fait d’envoyer de la documentation sur l’entreprise peut aussi être bien perçu par les candidats qui se sentent alors concernés et considérés.

La réputation d’un recruteur repose sur sa façon de traiter les candidats en période de recrutement, cela influe sur l’expérience collaborateur, et donc sur l’image globale de l’entreprise. Les candidats déçus du traitement d’une entreprise ne vont pas hésiter à le communiquer à leur réseau.

Dans une ère digitalisée, il faut soigner son réseau et ses rapports humains, pour ne pas être pénalisé.

L’intelligence artificielle et la réalité virtuelle au service du recrutement

L’intelligence artificielle et la réalité virtuelle sont des tendances à suivre pour le recrutement 2019. Déjà utilisée et approuvée par les équipes de Ikea, L’OREAL, Castorama etc… l’intelligence artificielle, baptisée Vera, s’avère être très efficace en phase de recrutement. Tout en préservant le rôle et la plus-value des recruteurs humains, les IA sont utilisées majoritairement pour faire un premier bilan des candidats. Elles détectent différents éléments, paramétrés par les entreprises, et sont capables de dire si oui, ou non, un candidat a du potentiel pour le poste visé. Les robots tels que Pepper, renommé Paulo pour des tests expérimentaux, sont en passe de devenir les recruteurs de demain. Grâce à des logiciels dédiés au recrutement, ils permettent de faire un premier filtre des candidats en fonction de leurs « hard skills » et surtout de leurs « soft skills ». Ils reconnaissent la gestuelle du candidat, son vocabulaire, ses expressions du visage, et peuvent donc transmettre un rapport qualitatif aux recruteurs.

La réalité virtuelle,et la réalité augmentée, sont également en plein essor dans les processus de recrutement 2018 et 2019. Pour redéfinir rapidement la différence entre ces 2 technologies, la réalité virtuelle immerge l’utilisateur dans un univers 100% virtuel, grâce à un casque et/ou des équipements dédiés. Pour ce qui est de la réalité augmentée, il s’agit de la combinaison entre le réel et le virtuel, en d’autres termes, des éléments numériques qui viennent s’ajouter à l’environnement réel de l’utilisateur.

Chez Ubisoft par exemple, une vidéo de réalité virtuelle est diffusée sur chaque offre d’emploi pour familiariser le candidat avec l’entreprise. Cette vidéo permet de visiter les locaux de l’entreprise, de découvrir les différents cœurs de métiers, et tout cela en étant complétement immergé et intégré dans le lieu, comme si on y était physiquement. Les retours des candidats sur cette vidéo en réalité virtuelle sont toujours positifs, d’après Antoine Bocage-Marchand, DRH de l’entreprise, et elle serait même un élément déclencheur pour certains talents encore hésitants à postuler.

Nous espérons que cet article vous a permis de découvrir, ou redécouvrir, les bonnes pratiques du recrutement en 2018 et de vous familiariser avec les tendances pour 2019.

A lire aussi :

La marque employeur sert-elle vraiment à attirer les talents ?
MOOC : Le nouvel outil pour la formation professionnelle des salariés 
Engagement collaborateur, les 12 clés de la réussite !