La norme actuelle veut que l’on dise « oui » à tout, pour montrer son implication, son dévouement, ou par peur du conflit… Mais dire « non » au travail n’est pas tabou, c’est même essentiel.

Dire « non » pour garder efficacité et légitimité

Personne n’aime se voir opposer un refus. C’est pourquoi, pour beaucoup, la performance et la motivation au travail sont liées à la capacité à tout accepter. Alors que les évaluations ont tendance à valoriser les employés qui disent « oui » à tout, il est considéré comme impoli, voire déplacé de refuser. Cette problématique touche particulièrement les jeunes actifs, qui n’osent rien refuser par peur de faire une croix sur leurs évolutions de carrière.

Pourtant, ne pas savoir dire « non » soulève un vrai risque sur le bien-être au travail, mais aussi l’efficacité. En effet, au-delà du manque de temps et du stress engendrés, accepter sans broncher toutes les tâches auxquelles on est soumis, c’est risquer de perdre en légitimité : cela revient à accorder la même valeur à tous les projets.

Dire « oui » à tout a un effet pervers sur le plan psychologique : après s’est engagé trop rapidement, de peur de décevoir, on aura tendance à culpabiliser de s’être mis soi-même dans une situation délicate. L’impact sur la confiance en soi et la motivation est donc considérable. Dire « non » s’avère alors capital pour ne pas se laisser envahir, sous peine de risquer le burn-out.

Dire « non » pour se concentrer sur l’essentiel

Refuser certains projets parce que l’on souhaite se concentrer sur autre chose montre un pouvoir de décision et une capacité à hiérarchiser ses priorités, très valorisés en entreprise. Ainsi, dire « non » aux distractions qui nous éloignent de notre objectif permet de mobiliser plus d’énergie dans les missions qui éveillent tout notre enthousiasme, ce qui permet de gagner considérablement en concentration et en productivité.

Cela ne concerne pas que le monde professionnel : mettre de côté certaines tâches est essentiel pour trouver un bon équilibre vie professionnelle / vie personnelle. Opposer un « non » à une requête imprévue pour accorder plus de temps à sa vie de famille ne relève pas de l’égoïsme, simplement du sens des priorités.

Cette capacité à savoir affirmer ses valeurs, à prendre soin de soi ne peut qu’être respectée. Le refus est de moins en moins considéré comme un signe de mauvaise volonté ou de fainéantise : il montre davantage une détermination et une aptitude à prendre des décisions éclairées. Alors lancez-vous et apprenez à dire non !

Donner de la valeur à ses « non »

Bien entendu, l’intérêt n’est pas de refuser une tâche pour le plaisir de dire « non », mais parce que ce refus est animé par de vrais arguments. Ceux-ci doivent répondre à vos valeurs, vos besoins, vos opinions.

Sans pour autant tomber dans les excuses et les justifications, sachez pourquoi vous souhaitez prioriser tel projet plutôt qu’un autre.

La solution : différer sa réponse

Vous avez encore du mal à dire non ?

Prenez le temps de la réflexion. Lorsque l’on vous soumet une nouvelle tâche qui vous fait dévier de votre objectif, demandez un délai afin de peser le pour et le contre, en fonction de votre charge de travail en cours et de vos besoins. Renoncer à une réponse immédiate vous aidera à affirmer votre refus éventuel, en vous conférant les arguments nécessaires.

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