Aller au travail alors que vous êtes malade, travailler en arrêt maladie, passer bien plus d’heures dans l’entreprise que celles pour lesquelles vous êtes rémunérées, ne pas prendre ses congés ou RTT, rester plus tard le soir pour être bien vu sans pour autant travailler (le présentéisme dit contemplatif) … Voilà quelles formes peut prendre le présentéisme, ce mal qui touche de très nombreux français : selon une récente enquête réalisée par BVA, près d’un tiers d’entre eux se rendent au travail alors qu’ils sont malades.

Pourquoi le présentéisme est un problème

Certaines entreprises ne voient pas du tout d’un mauvais œil le présentéisme : encore de nos jours, plusieurs d’entre elles distribuent des primes de présence pour minimiser l’absentéisme, portant aux nues les salariés qui sacrifient santé, vie de famille et souvent eux-mêmes pour offrir leur temps à l’entreprise. Mais, elles se mettent en danger tout autant que leurs salariés.

Les entreprises qui pratiquent ce genre de politique, ou celles qui ne réagissent simplement pas face à des cas manifestes de présentéisme, exposent en effet leurs salariés :

  • à une récupération plus longue suite à une maladie
  • à un fort déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée
  • à du ressentiment, de l’insatisfaction, du mécontentement
  • dans les cas extrêmes, à un potentiel épuisement professionnel (burn-out)

L’entreprise qui jette un voile pudique sur des dysfonctionnements organisationnels pâtit aussi de cette vision à court-terme :

  • Salariés finalement peu productifs et parfois démotivés
  • Turn-over important, image de l’entreprise affectée
  • Risque d’accident accru
  • Possibilité d’avoir un salarié en arrêt maladie longue durée.

Un coût qui impressionne

Le cabinet de conseil RH Midori a étudié les manifestations du présentéisme, qui représente selon lui de 1,4 à 2 fois le taux d’absentéisme, dont il est finalement l’antichambre.

En se référant au taux d’absentéisme à l’échelle nationale, le cabinet est parvenu à un taux de présentéisme variant de 6,4 à 9,2%, et donc à un coût estimé oscillant entre 13,7 et 24,9 milliards d’euros. Un coût assumé en totalité par les employeurs, alors que celui de l’absentéisme est en partie couvert par l’assurance maladie.

Il est donc grand temps que soient mis sur la table des discussions avec les entreprises sur cette problématique, afin que les employeurs adoptent des méthodes dont le but ne serait plus de minimiser l’absentéisme par la carotte ou le bâton, mais bel et bien par une réelle politique de bienveillance et de qualité de vie au travail. Les effets seraient sans doute tout autre.

 

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