En ce printemps 2018, l’une des actualités qui fait parler d’elle est la réforme de la formation professionnelle. Le 5 mars dernier, la ministre du travail Muriel Pénicaud a présenté les grands axes et les mesures de cette réforme. En s’adressant à toutes les entreprises et tous les collaborateurs, elle transforme significativement les processus actuels pour offrir plus de visibilité et d’accessibilité.

Quels impacts réels va avoir la réforme de la formation professionnelle ? Comment cette réforme peut-elle aider la fonction RH dans sa quête de l’épanouissement des salariés ? Nous répondons à ces deux questions dans cet article !
 

La réforme de la formation professionnelle, quels impacts réels ?

 
Pour bien comprendre les opportunités RH qui se cachent derrière cette réforme, commençons par faire le point sur les mesures présentées au mois de mars par la ministre du travail.
 

1. Le Compte Personnel de Formation ne se compte plus en heures mais en euros

 

Pour tous les salariés, les comptes personnels de formation ne seront plus comptabilisés en heures, mais bien en valeur monétaire. Pour un salarié à temps plein, le CPF sera crédité de 500€ chaque année et ne pourra pas excéder 5000€ au bout de 10 ans. Pour les salariés en CDD ou en temps partiels, les CPF seront crédités au prorata du temps de travail effectué.
 

2. Les salariés non qualifiés sont accompagnés

 
Tous les salariés non qualifiés verront leurs CPF crédités de 800€ par an jusqu’à un plafond maximum de 8000€ au bout de 10 ans. Cette mesure vise à permettre aux salariés sans qualifications de changer rapidement de catégorie professionnelle et d’évoluer plus facilement.
 

3. Le CPF devient accessible via une application mobile

 
Une des mesures les plus significatives pour les salariés est la digitalisation du CPF. Une application mobile permettra à tous les détenteurs d’un CPF d’y accéder directement. L’entreprise ne sera plus l’intermédiaire entre le collaborateur et son compte personnel de formation, il pourra en disposer selon sa volonté, en toute autonomie.
 

4. Les cotisations sont fusionnées

 
Pour simplifier les procédures, les deux cotisations dédiées à la taxe d’apprentissage et à la formation seront fusionnées en une seule. De plus, le taux de cotisation ne sera pas augmenté.
 

5. L’URSSAF prend la place des OPCA

 
La cotisation à la formation professionnelle des entreprises sera désormais collectée par les l’URSSAF et non plus versée aux OPCA. Il n’y aura plus aucune démarche administrative à effectuer de la part des entreprises, contrairement à aujourd’hui ou les process sont parfois complexes.
 

6. Un plan de solidarité est créé pour aider les PME à former leurs salariés

 
Les entreprises de moins de 50 salariés bénéficieront d’aides financières pour accéder à la formation professionnelle de leurs salariés. Ce sont les grandes entreprises qui cotiseront pour un plan de solidarité dédié au TPE et PME.
 

7. Le plan de formation gagne en simplicité

 
Pour construire leurs plans de formations, les entreprises ne seront plus contraintes de spécifier les différentes natures de formation de leurs salariés. La distinction ne sera plus faite entre les formations d’adaptation au poste, les formations liées à l’évolution de l’emploi dans l’entreprise, ou encore les actions de développement des compétences. Toutes les catégories existantes seront supprimées pour offrir une plus grande marge de manœuvre aux entreprises.
L’obligation d’assurer l’adaptation des salariés à leurs postes de travail est cependant toujours d’actualité.

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La formation professionnelle : moteur de l’épanouissement des salariés ?

 
La réforme de la formation professionnelle a pour objectif de permettre à chacun de choisir son avenir professionnel. Elle doit donner la possibilité aux salariés de s’affranchir des contraintes d’un système archaïque, pour gagner en compétence et révéler leur véritable potentiel.

En d’autres termes, cette réforme peut-être une excellente opportunité pour la fonction RH. C’est un tremplin idéal pour commencer (ou continuer) à accompagner vos collaborateurs dans le développement de leurs compétences. Pour vous aider à saisir cette formidable opportunité, et ainsi augmenter le bien-être de vos salariés, voici quelques conseils pratiques.
 

1. Informer vos collaborateurs de leurs droits en toute transparence.

 
En tant que responsable des ressources humaines de votre entreprise, vous vous devez d’avoir un rôle d’information sur les droits et obligations de vos salariés. Cette réforme est donc l’occasion d’apporter plus de souplesse dans le rapport entre le collaborateur et sa hiérarchie.

En informant vos collaborateurs de cette réforme, vous leur offrez une plus grande marge de manœuvre et surtout, vous le replacer au centre des processus.
 

2. Accueillir les initiatives de formation professionnelle avec bienveillance

 
Cette réforme redistribue les cartes et supprime l’intermédiaire entre le salarié et la formation professionnelle. Il est désormais libre de se former de la façon dont il le souhaite, et quand il le souhaite, sans forcément avoir besoin de votre accord. Votre rôle et votre pouvoir d’intervention en tant que RH sont donc significativement réduits.

Pour toutes ces raisons, la meilleure attitude à adopter est d’accueillir les initiatives de vos salariés avec bienveillance. Ne vous positionnez pas de façon négative dans leurs projets de formation et ne freinez pas leur motivation. Le risque si vous vous opposez à la formation de vos salariés, alors même que leurs droits viennent d’augmenter, est de générer de la frustration et de nourrir un sentiment d’impuissance. Et au contraire, en étant à l’écoute de leurs appétences, vous les encouragez et transformez l’expérience collaborateur de vos salariés.

 

3. Accompagner le développement des compétences professionnelles et personnelles

 
Pour affirmer votre soutien dans les initiatives de formation de vos salariés, vous pouvez organiser des sessions d’échanges en interne. L’idée de ces ateliers serait de permettre à vos collaborateurs de s’exprimer et de découvrir des compétences professionnelles et personnelles grâce à des cheminements différents. Le fait de favoriser le développement de compétences non-professionnelles peut permettre à vos salariés de s’épanouir plus facilement.

A la suite de ces ateliers, vos salariés y verront plus clair et pourront choisir la formation professionnelle qui leur convient réellement. N’oubliez pas que derrière le statut administratif d’un salarié se cache une personne avec des passions et du potentiel à exploiter.

Avec cette réforme, vous pouvez devenir acteur de l’évolution professionnelle et de l’épanouissement de vos salariés

Nous espérons que cet article vous aura éclairé sur les enjeux et les opportunités de cette réforme de la formation professionnelle. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’expérience collaborateur et avoir des conseils pour gérer vos talents, vous pouvez lire nos précédents articles sur le sujet.