L’expatriation est-elle aussi idyllique qu’elle en a l’air ? Une enquête de Cigna indique que l’indice de bien-être des salariés expatriés est de 61,5, contre 63,3 pour les salariés en général. Principales causes de cette différence : la qualité de vie familiale et la santé.

Expatriation : des salariés globalement satisfaits

Meilleur cadre de vie, salaires revus à la hausse, logement de fonction, avantages financiers, aventure… L’expatriation en fait rêver plus d’un ! Dans un monde où les échanges internationaux se font croissants, où le nombre d’expatriés ne cesse d’augmenter (voir encadré), travailler à l’étranger semble être une expérience enrichissante… à tous les points de vue !

Une étude* publiée ce jeudi 27 juillet par la compagnie d’assurance internationale Cigna liste cependant les satisfactions et les difficultés rencontrées par les salariés expatriés. L’enquête en ligne, réalisée en janvier 2017, a ainsi concerné un peu plus de 2000 salariés de tous pays travaillant en Asie, Australie, Europe, Moyen-Orient et Etats-Unis.

Ils seraient ainsi 75% à être satisfaits de leur expérience internationale, et 63% à penser que leur mutation a amélioré leur situation financière.

« Pour beaucoup, une migration temporaire peut devenir un mode de vie permanent. Ils voient leur mobilité internationale évoluer en une carrière en soi. Un phénomène particulièrement vrai pour les millenials », indique l’étude.

Santé et famille, les principaux facteurs de stress chez les expatriés

Outre les expériences positives retenues par les expatriés (bonnes relations avec les collègues et les supérieurs, opportunité d’apprendre et progresser, heures de travail raisonnables…), leur indice de bien-être global reste cependant inférieur à celui des salariés « sédentaires » : avec seulement 61,5 points, soit 1,8 de moins que la moyenne, les « expats » semblent moins heureux que les sédentaires.

  • La santé est, d’après les résultats de l’enquête, une source d’anxiété commune pour tous les expatriés, plus que pour leurs homologues sédentaires. Cancer, accidents, dépression sont autant d’inquiétudes ressenties par les travailleurs de l’étranger. « Près d’un tiers des expatriés retourneraient dans leur pays d’origine pour se faire soigner en cas de maladie grave, explique l’étude. Cependant ce nombre varie selon les régions du monde».
  • La différence la plus notable entre un expat et un salarié sédentaire ? Le bien-être familial, dont l’indice est nettement plus bas chez les expatriés (56,7 contre 66,1). La distance n’aidant pas, les personnes travaillant à l’étranger manquent de temps avec leur famille éloignée, et s’inquiètent au sujet de l’éducation de leurs enfants. Seuls 28% des interrogés sont satisfaits du temps passé avec leur famille.
  • Enfin, 19% des salariés interrogés souffrent également de solitude, sans compter ceux vivant seul ou célibataires.
  • Le sentiment d’insécurité, en hausse dans de nombreux pays, se ressent également sur la qualité de vie des expatriés : un tiers des interrogés avouent se sentir de moins en moins en sécurité depuis deux ans. Aux Etats-Unis, le constat est plus flagrant avec 42% de salariés plus inquiets depuis… les dernières élections en novembre 2016.

 

* 2017 CIGNA 360° Well-Being Survey – Globally Mobile Individuals

Un nombre de Français à l’étranger en nette hausse

Près de 1,8 millions de Français étaient inscrits dans les consulats étrangers au 31 décembre 2016, d’après les chiffres du gouvernement. Un nombre en hausse de 4,16% par rapport à l’année précédente, elle-même en hausse de 1,8% entre 2014 et 2015.

Mais tous les Français vivant à l’étranger ne s’inscrivent pas au registre : ils seraient ainsi plus de 2 millions à avoir quitté le territoire. Les principales zones d’accueil ? Les autres pays d’Europe (environ 50% des expatriés y vivent), l’Amérique du Nord (15%) et l’Afrique (environ 15% également).