Plusieurs réformes touchant le monde du travail vont être mises en route ces prochains mois. L’une d’entre elles, et pas la moindre : la fusion AGIRC-ARRCO.
Aujourd’hui, chaque personne qui arrive à la retraite commence à toucher la pension qu’elle a obtenue grâce à ses cotisations lors de son salariat : sa cotisation au régime de base de la sécurité sociale à laquelle il faut ajouter la cotisation à un régime de retraite complémentaire obligatoire appelée ARRCO ou AGIRC selon les profils.
Un accord a été signé en octobre 2015 par les partenaires sociaux pour fusionner l’ARRCO et l’AGIRC. Les négociations se sont achevées le 17 novembre 2017 entre le patronat et les syndicats, et la réforme sera effective au 1er janvier 2019.
Pourquoi une telle réforme ? Quelles en seront concrètement les conséquences sur les salariés ? Les cadres, particulièrement touchés par cette fusion, sont-ils amenés à disparaître ? On vous explique !

 

Comment fonctionne le système de retraite aujourd’hui ?

Pour bien aborder la réforme il faut d’abord comprendre comment fonctionne notre système de retraite français. Aujourd’hui, lorsqu’un salarié arrive à la retraite, il commence à toucher le versement d’une pension. Chaque salarié cotise pour deux choses : un régime de base de la sécurité sociale et un régime de retraite complémentaire appelé ARRCO pour les non-cadres (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés), et AGIRC (Association générale des institutions de retraite et de cadres) pour les cadres. Les cadres cotisent à la fois pour l’ARRCO et l’AGIRC, c’est pour cela que leurs cotisations sont plus importantes sur la fiche de paie et que la pension retraite est dans la plupart des cas plus intéressante.

Le paiement des cotisations est réparti entre l’employeur et le salarié. Pour les employés, elles sont directement prélevées sur le salaire et ensuite comptabilisées sous forme de points qui varient selon le régime et la tranche du salaire. Pour les cadres, une garantie minimale de points existe (GMP) : si leur salaire est inférieur à 3 664, 82 €/mois, ils ont l’assurance d’obtenir au moins 120 points AGIRC par an.

La pension que reçoivent les retraités est calculée en fonction des points qu’ils ont cotisés et est perçue chaque mois en un unique versement, même pour les cadres qui cotisent à deux régimes. Aujourd’hui ce sont les cotisations des actifs qui permettent d’alimenter les caisses des différents régimes et donc aux retraités de toucher leur pension.

 

La nouvelle réforme de fusion AGIRC-ARRCO en trois points clefs !

Vous n’en avez peut-être jamais entendu parler, mais notre système de retraite va subir un véritable bouleversement au 1er janvier 2019. Une réforme a été décidée impliquant la fusion de l’AGIRC et de l’ARRCO pour faire face au déficit des deux régimes, les simplifier, les harmoniser et pour assurer le versement des retraites dans la durée. Les personnes déjà en retraite ne sont pas concernées par cette réforme.

1 – Une nouvelle façon de cotiser

Avec cette réforme, il n’existera plus qu’un seul type de régime, avec un seul type de point : le point AGIRC-ARRCO. La valeur du point AGIRC-ARRCO sera redéfinie au 1er novembre de chaque année. Rien ne change pour les non-cadres mais les cadres ne cotiseront donc plus qu’à un seul régime de retraite avec une valeur unique et un seul compte de points. Les anciens points AGIRC cotisés par les cadres seront convertis en point AGIRC-ARRCO. Il n’existera plus que deux tranches de salaires pour le calcul des cotisations, les mêmes pour les cadres et les non-cadres : la tranche 1 pour les salaires en-dessous ou égaux au plafond de la sécurité sociale (soit 39 732 euros brut annuel en 2018) et la tranche 2 pour les salaires supérieurs et jusqu’à 8 fois ce plafond. 60% des cotisations seront payées par l’employeur et 40% par les salariés.

Un simulateur du calcul de votre retraite est d’ores et déjà utilisable sur le site internet dédié à cette fusion

2 – Un même âge minimal de versement pour tous

Pour tous, le versement de la pension de réversion AGIRC-ARRCO pourra se faire à l’âge minimum de 55 ans. Aujourd’hui, les cadres, les veufs et veuves de cadres devaient attendre 60 ans pour percevoir la pension AGIRC.

3 – Si vous avez des enfants… Une nouvelle majoration du plafond !

Le montant de la retraite pouvait être augmenté de 10% si le/la retraité(e) a élevé trois enfants ou plus, ou de 5% par enfant s’il/elle a encore des enfants à charge. Cette majoration était plafonnée à 1000 euros et le plafond passe à 2000 euros avec la fusion. Pour en savoir plus sur le calcul des majorations, vous pouvez télécharger le dépliant disponible en suivant ce lien sur le site officiel de l’AGIRC-ARRCO. Il est daté de mars 2016 mais encore parfaitement d’actualité !

 

Conséquence pour les cadres : vers une disparition du statut ?

Cette réforme est un véritable bouleversement et il est aujourd’hui difficile d’en connaître les véritables répercussions, qui seront visibles à long terme.

L’une des questions qui se pose est l’avenir du statut cadre. Aujourd’hui, l’un des principaux avantages d’être cadre réside dans l’assurance d’avoir une meilleure pension retraite. La retraite complémentaire représente plus de la moitié de la pension d’un cadre.  D’après le journal Les Echos, certains cadres, dont le salaire n’atteint pas un certain niveau, pourraient être pénalisés avec la suppression de la GMP (garantie minimale de point). Ceux qui en bénéficient verront une part de leur cotisation disparaître, un salaire net plus important mais malheureusement une baisse de pension retraite loin d’être négligeable.

Avec cette fusion, certaines personnes verront peut-être moins de sens à devenir cadre et il est possible qu’il y ait moins de sollicitations auprès des employeurs. Mais il est encore trop tôt pour le dire ! Le mieux est de voir directement avec son employeur l’impact de cette fusion sur son salaire et sa pension retraite !

Crédit photo : Pexels

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