Les neurosciences sont les études scientifiques du système nerveux dans son ensemble, de la molécule aux organes comme le cerveau. Cette discipline est utilisée dans de nombreux domaines notamment pour comprendre le fonctionnement du comportement humain et ses complexités.

Les neurosciences intéressent aussi le monde des RH, certains les considérant même comme l’avenir du recrutement ! 

Pourquoi les neurosciences peuvent-elles vous accompagner dans votre démarche de recrutement ? Comment les utiliser ?     Petit tour d’horizon illustré par Stéphanie Silvestre de People In, coach professionnelle, consultante RH et formatrice en Management.

Les neurosciences dans le monde du travail

Pourquoi les neurosciences ont-elles leur place dans le monde du travail ? Stéphanie Silvestre nous explique pourquoi elle a choisi de se tourner vers ce domaine.

« Je me suis formée aux neurosciences et je suis aujourd’hui praticienne certifiée ANC (Approche Neurocognitive et Comportemental). C’est une approche innovante qui permet de mieux connaître le fonctionnement de l’humain : son fonctionnement interne (confiance en soi, ressentis, etc.) et son fonctionnement vis-à-vis des autres (compétences relationnelles, émotionnelles, etc.). Le monde du travail est aujourd’hui totalement à bout de souffle et beaucoup de salariés ne trouvent plus de sens à leur emploi, ne sont plus motivés, voire même en burn out. Il faut trouver un nouveau modèle qui s’adapte bien plus à l’humain. On sait d’ailleurs aujourd’hui que les entreprises qui fonctionnent le mieux sont celles qui ont mis l’humain au cœur de leur organisation. 

Je travaille beaucoup autour de l’intelligence émotionnelle. On admet de plus en plus aujourd’hui que l’émotion a sa place au travail. Notre cerveau fonctionne avec l’émotion, il décide par l’émotion. Si on enlève la partie émotionnelle de notre cerveau, nous ne sommes plus capable de prendre une décision correctement. Dans une entreprise, on manage des Hommes et non des machines ».

Les avantages des neurosciences dans le recrutement

Les neurosciences peuvent être un excellent allié pour les ressources humaines, notamment dans le cadre des recrutements. En se faisant accompagner par des professionnels, il est possible de mettre en place des processus de recrutement très efficaces. Il existe aussi aujourd’hui des tests à faire passer aux candidats et des formations pour intégrer ces compétences en interne.

Dans un recrutement, l’angoisse de se tromper est toujours bien présente. Pouvoir s’appuyer sur des faits concrets et scientifiques rassure, réduit la marge d’erreur et permet de se poser les bonnes questions autour du poste que l’on propose. Elles permettent aussi d’aller au-delà des biais cognitifs qui brouillent notre jugement (l’apparence physique, comparaisons entre différents candidats, volonté de recruter des profils rassurants, etc). Notre cerveau est présent en permanence dans nos jugements et nos jugements varient selon nos expériences, notre état, le contexte, etc. En s’aidant des neurosciences on gagne clairement en objectivité face aux candidats et on choisit en pleine conscience.

Recruter selon l’expérience du candidat mais aussi selon ses caractéristiques personnelles permet de se rapprocher fortement du candidat idéal. Il est important de regarder avec objectivité le poste proposé et de visualiser les difficultés que pourra rencontrer la personne qui l’obtiendra. Un collaborateur bien choisi a beaucoup plus de chances d’être motivé et de maintenir sa productivité dans la durée. C’est un véritable enjeu, rappelons que la France possède l’un des taux d’engagement des salariés les plus bas du monde (seulement 6% se disent engagés !).

S’appuyer sur les neurosciences permet aussi de faire des recrutements plus rapides. Les doutes, les inquiétudes et les multiples entretiens sont des freins à une efficacité dans le recrutement. De plus, il est important de ne pas faire peur aux candidats en les assommant d’entretiens et en le mettant dans une ambiance de non confiance ! Il faut garder en tête qu’il peut potentiellement intégrer l’entreprise et démarrer sur un mauvais pied !

Les neurosciences sont un support. Elles ne doivent en aucun cas remplacer les échanges de l’entretien pour ne pas perdre la dimension humaine très importante lors d’un recrutement.

Exemple de la méthode ANC

Stéphanie Silvestre nous présente l’une des méthodes qu’elle utilise dans le cadre de son travail.

« J’utilise la méthode ANC et l’outil d’évaluation du style comportemental VIP2APRO, qui permet d’évaluer la capacité d’adaptation d’une personne en situation normale et en situation de stress et de comprendre quels sont ses leviers. Connaître les leviers de chaque personne est vraiment très important, notamment dans le cadre de recrutement. C’est primordial d’aller rechercher les motivations primaires, ce qui donne de l’énergie et ce qui va motiver la personne. 

Exemple : une personne qui est dans le participatif aura besoin pour se sentir bien, en forme  et pleine d’énergie, d’être au contact de l’autre. Si cette personne occupe un poste de secrétariat, elle aura tendance à beaucoup se déplacer et fera beaucoup moins de mails. Si on empêche cette personne de se lever de son poste et que l’on ne comprend pas son besoin, elle va se flétrir et se fatiguer très rapidement. Et puis il y a des personnes que l’on appelle nous « des philosophes », qui sont des personnes qui vont avoir besoin de s’isoler au calme quelques instants plusieurs fois par jour. Même chose : il est important de percevoir ce besoin et de ne pas le juger.

L’entreprise doit mieux connaître le fonctionnement de l’être humain et comprendre que chaque être humain a sa propre personnalité et ses propres besoins de ressources. »

 

Les neurosciences ne s’arrêtent pas au recrutement : elles peuvent être très utiles pour le management, pour améliorer ses capacités cognitives, pour améliorer la motivation et l’engagement des collaborateurs, etc.

 

Articles en lien :

Recrutement : quelles personnalités privilégier chez les candidats ?

Recrutement sans CV : les compétences transversales en priorité, pour des salariés plus motivés

Le recrutement 3.0 : quand Google fait appel au machine learning