Suite à la présentation des cinq ordonnances qui visent à refondre une partie du Code du Travail, sont apparus dans la presse toutes sortes de scénarios catastrophe : le patron qui baisse les salaires de ses employés, un treizième mois supprimé, un licenciement économique au bout de trois mois de baisse des commandes…

Evidemment, tout cela est possible.  Chez l’Elan des Talents, nous avons l’esprit positif ! On voit ici une occasion de rebondir, voire de changer les choses. 

Le monde du travail, c’est aussi les TPE-PME

Les discours cherchant à démontrer aux salariés les risques de ces ordonnances sont un contrepoids sans doute nécessaire. Mais ils ne doivent pas distordre la vérité.

Quelle est-elle ?

En France, 50% des salariés travaillent au sein des TPE-PME.

Les TPE, à elles seules, emploient 20% d’entre eux. C’est presque autant que les grandes entreprises (de plus de 5 000 salariés), qui regroupent 27% des salariés.

Pourtant, ce sont souvent ces dernières qui servent de thermomètre de la relation employeur-salarié.

Les articles de presse ou les journaux télévisés évoquent bien davantage les plans de licenciement massifs que l’actualité des TPE-PME, pourtant deux fois plus importantes en termes de nombre de salariés que les grands groupes.

Puisque les médias de masse ne le font que rarement, voici donc un petit diagnostic santé des TPE-PME en France :

  • En 2016, 554 000 entreprises ont été créées en France, soit une hausse de 6% par rapport à 2015 (Etude Insee) ;
  • Selon l’Insee, en 2012, 55% des TPE n’employaient aucun salarié : un potentiel de recrutement important ;
  • Au cours du dernier trimestre, les TPE ont un solde positif en termes de créations d’emplois, une première depuis 2006 (Fiducial : Baromètre des TPE) ;
  • Les « défaillances d’entreprises » sont en net recul. Le nombre de faillites est ainsi au plus bas depuis le premier trimestre 2008 ;
  • 2,8 emplois sont menacés en cas d’une défaillance, contre près de 4 il y a 5 ans (Altares : Les faillites d’entreprises reculent en 2017).

Evidemment, tout n’est pas rose, et les patrons hésitent encore souvent à embaucher. Mais le potentiel des petites entreprises est colossal !

Une question de confiance

Pourquoi ces chiffres ?

Pour sortir du tableau noir que l’on nous dresse la plupart du temps et qui revient à installer un climat de méfiance vis-à-vis du patronat, dans son ensemble, sans distinction de taille de structure.

L’un des points les plus sensibles des cinq ordonnances présentées concerne le plafonnement des indemnités prud’hommales.

D’après les statistiques du Ministère de la Justice, un peu plus de 184 000 affaires sont arrivées sur le bureau du Conseil des prud’hommes en 2015. Cela représente 0,8% des salariés en France.

Certes, les conditions d’accès aux prud’hommes se sont compliquées les derniers mois, mais le chiffre restait très faible en 2015 (200 000 personnes, soit 0,87%).

Vaut-il mieux se focaliser sur ce point, ou bien changer la façon dont on envisage le rapport avec son patron ?

Nous jugerons dans de nombreux mois la pertinence de cette réforme menée par Muriel Pénicaud, mais la Ministre du Travail a expliqué vouloir « changer l’état d’esprit du Code du travail en faisant le pari du dialogue et de la confiance ».

Que risquons-nous à faire confiance ?

Rien !

Les abus, s’ils existent, seront sans aucun doute relevés voire mis sur le devant de la scène. Nombreux sont les garde-fous qui avertissent de ces dangers potentiels. Si ces dangers se matérialisent, il sera alors temps d’agir dans les urnes et de faire entendre la voix du peuple.

En attendant, pourquoi ne pas essayer de changer cette vision du patron qui ne cherche qu’à s’enrichir ? Une vision qui ne reflète sans doute qu’une infime partie de la réalité…

Selon un récent sondage, 97% des salariés et patrons interrogés estiment que la confiance est un sujet essentiel dans la vie professionnelle.

A la question « Quel devra être votre rôle d’ici une dizaine d’années ? », les patrons indiquent en priorité la création d’emplois et la protection des emplois (58 %), avant même la création de richesses (46 %) et l’innovation (39 %) (étude d’opinion Viavoice).

Les mauvaises expériences existent, les risques aussi, et ils ne concernent pas seulement les grands groupes.

Mais on peut choisir malgré tout de faire le pari de la confiance, en donnant les clés de l’emploi à ceux qui agissent, ceux qui ont des idées et ceux qui innovent !

Cette confiance donnée pourra peut-être revenir vers l’employé, avec un véritable changement dans la culture d’entreprise.

Nous pourrions alors avoir de très bonnes surprises, qu’il s’agisse de recul du chômage ou de bien-être en entreprise.

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