Dans la grande famille des [un mot anglais]-Tech, je voudrais… la Happy Tech ! Une quinzaine de startups se sont regroupées sous ce nouveau label que revendiquent ces entreprises dont les innovations sont tournées vers un objectif précis : « faire de la France le leader mondial du bien-être au travail. » Un article qui clôture la semaine de la QVT en France. 

1 à 3 points de plus de PIB

Ce tout jeune collectif, lancé le 27 septembre dernier, a semble-t-il compris l’enjeu qui est face à lui : QVT (qualité de vie au travail) et RSE (responsabilité sociale des entreprises) sont au cœur des problématiques des entreprises actuelles, et même le politique semble vouloir s’impliquer sur le sujet, comme le montre la récente sortie d’Emmanuel Macron et de sa ministre du Travail, Muriel Penicaud.

Et pour cause : si on écoute Alexandre Jost, fondateur de La Fabrique Spinoza, un think-tank spécialisé dans le bonheur en entreprise, l’intérêt d’installer plus de bien-être en entreprises pourraient avoir comme effet « gain de croissance [qui] pourrait s’élever entre 1 et 3 points de PIB ». On comprend mieux pourquoi l’exécutif français se rapproche de la question.

Comment parvenir à un tel gain de productivité ? D’une part, parce qu’un salarié heureux, c’est un salarié plus créatif. Ensuite, parce qu’en supprimant le stress et plus globalement la souffrance au travail, on élimine une bonne partie de l’absentéisme et on améliore les résultats d’une entreprise.

D’après le collectif Happy Tech, une démarche « outillée et structurée » visant à instaurer le bien-être au travail au sein d’une entreprise de 500 salariés lui permettrait d’économiser « près d’un million d’euros » par an. Un calcul qui table sur une baisse de 3 jours d’absentéisme, une hausse de 2% du taux de fidélisation et une augmentation de 5% de la productivité.

Un enjeu de société

Ces problématiques ne sont pas celles de quelques grands groupes dont les méthodes ont conduit, parfois, à des vagues de suicides que personne n’a oubliées.

D’après un sondage OpinionWay, 72% des salariés souhaiteraient travailler dans une entreprise dans laquelle le bien-être au travail aurait une plus grande place. Près de trois salariés sur quatre se sentent donc concernés.

Et que dire des près de 3,2 millions de Français considérés « à risque élevé de burn-out » ? D’après une enquête menée par le groupe Apicil et le cabinet de conseils en RSE Mozart Consulting, la France détient ce triste record en Europe. Cette même étude nous apprend que le mal-être au travail coûterait 12 600 euros par an et par salarié au secteur privé. De l’argent que les entreprises pourraient économiser, à hauteur d’environ 10 000 euros, si elles se dotaient d’une politique interne de bien-être, dans le cadre de leur démarche RSE par exemple.

L’institut Gallup, de son côté, indique dans son baromètre QVT que 89% des salariés français sont « activement désengagés » de leur travail. Là encore, record en Europe…

Des solutions innovantes

Comment ces startups comptent-elles lutter contre fléau ? En axant leurs actions autour de quatre grands types de services aux entreprises : la mesure du bien-être (en s’appuyant sur les datas), la mise en relation entre collègues (via l’organisation d’activités et en utilisant l’intelligence artificielle), l’organisation de son temps de travail (pour améliorer l’équilibre vie privée / vie professionnelle) et le conseil santé.

Quatre Epingles, Tsoh-Activities, Comeet, Workwell, BoostYourFit, Hu.Di, MonMartin ou encore Cocoom sont autant de jeunes entreprises dynamiques prêtes à en découdre avec le mal-être au travail. Et ils ne sont pas seuls face à ce défi.

La Happy Tech intéresse en effet d’autres acteurs engagés, comme le think-tank Fabrique Spinoza, le Label RH ou encore Wisdow. Les syndicats de tous bords veulent également faire jouer leur influence sur ces projets importants : la CGT et le Medef, notamment, se sont inscrits dans le projet.

Thomas Coustenoble, le Président du collectif HappyTech, s’en félicite :

« Notre objectif est de rassembler tous les syndicats, les organismes publics, les organismes privés, les associations citoyennes… Des collaborations sont également en cours avec la Ministre du Travail ».

Et le responsable d’ajouter : « Le bien-être au travail ne doit plus être un sujet, cela devrait être naturel mais avant que le bien-être, voire le bonheur, au travail soit ancré dans la culture d’entreprise, il va falloir mettre le sujet sur le devant de la scène ».

Il semble que ce soit en bonne voie.

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